Point chaud – Un printemps étudiant

Source : Lise-Marie Gervais – Le Devoir, 19 mars 2012

Avec les professeurs et les parents qui s’invitent dans le mouvement, les appuis à la lutte contre la hausse des droits de scolarité fleurissent. Le vent serait-il en train de tourner en leur faveur? La bataille n’est pas gagnée, reconnaissent lucidement les étudiants.

Le printemps hâtif est certainement ici une pure coïncidence. N’empêche. Il sourit aux étudiants, qui, avec l’appui ferme d’enseignants, de parents et de syndicats, sont désormais investis d’un nouvel espoir. «On suit les statistiques de la grève de 2005. Nos assemblées sont plus populeuses, les votes sont à plus forte majorité et notre progression est plus rapide», explique en entrevue au Devoir Gabriel Nadeau-Dubois, coporte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).

Peu de gens y croyaient au début. Au moment des premiers débrayages, la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, rappelait sur toutes les tribunes que ce n’était que 2 % des 495 000 étudiants. Avec désormais 206 000 étudiants en grève, soit plus de 40 % du total, force est d’admettre que le mouvement a pris de l’ampleur. Une ampleur qui surprend un peu, de l’aveu de M. Nadeau-Dubois. «On a été les premiers à douter. On a été très tonitruants dans les médias, mais on doutait pareil. Voter une grève pour le 10 novembre, c’est une chose. Mais est-ce que les gens étaient prêts à faire les sacrifices? Honnêtement, je suis complètement déculotté par la force de ça», a-t-il lancé candidement.

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